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Le développeur freelance
Qui dit liberté dit responsabilité. Qui dit indépendance dit autosuffisance, autonomie.
Pour ma part, je suis tombé dedans par accident, par circonstances. Presque par nécessité. A quasiment un an depuis le début de cette aventure, je suis fier du chemin parcouru. Chemin jalonné de succès et de leçons. Mais j'ai pu tenir. J'ai pris goût. Et là, j'envisage d'aller plus loin. Je souhaite d'abord améliorer la formule, et aussi mieux me préparer.
Je plaide coupable. Ça ne sert à rien de faire l'autruche. Je reconnais que je ne suis pas un fin marketer. Que dis-je ? Je suis à mille lieues d’un marketer moyen (et là encore c’est pour être indulgent avec Abdoulaye 🙂).
Après des mois sans signer un seul client par moi-même, à priori il y a lieu de reconnaître que ce n'est vraiment pas mon fort. Je suis de ceux qui bégaient et perdent leurs moyens lors des calls et pourtant, si persuasifs à l’écrit. Bizarre. J'avoue.
La raison ? Bien que l’on pourrait penser à un manque de confiance en soi, pour mon cas, prospecter n'était pas mon quotidien en agence. On a plus confiance en soi sur des sujets qu’on maîtrise.
Ajouté à ce manque d’habitude, il y a le fait qu’on a du mal à dompter certains sentiments, même si dans la majorité des cas on se trompe foncièrement en entretenant ce genre de croyances. C’est inconfortable d’aller “demander”. En pensant de la sorte, on fait naître de la peur ou du stress qui prend place en soi. Ce qui peut être paralysant et annihiler toutes nos capacités. On se retrouve pitoyablement dyslexique au mauvais moment (je ne sais pas s’il existe un moment opportun pour l’être). La douleur est d’autant plus intense qu’on avait commencé tellement haut. Une petite confidence : je l‘ai connu. Et plus d’une fois. Please, que ça reste entre nous ;)
Dans ces situations, les risques sont considérables : soit le prospect doute de nos compétences et disparaît après le call, soit il nous paie bien moins cher. Dans les deux cas, il aura douté de nous. Néanmoins, on a une opportunité de se racheter dans le deuxième cas de figure : en livrant un produit ou un service à la hauteur de notre valeur. Surprenant totalement le client.
La réalité est qu’on ne demande pas, on propose ses services, ses compétences, de la valeur. On aide plutôt l’autre à réussir ou à gagner plus.
Ma chance était qu'ils, les clients, venaient à moi par eux-mêmes. A cette période, comme par hasard, en plus d’un portfolio tout prêt et bien fourni j’avais un bon référencement sur LinkedIn. Je figurais certainement en de bonnes positions dans les résultats de recherche. Alors après la prise de contact et quelques échanges par écrit (plus un appel WhatsApp dans certains cas), c'était suffisant pour la plupart. Et on entame ainsi une collaboration.
Des collaborations ? Oui, j'en ai eu. J'en ai eu de très bonnes d'ailleurs : une sur du long terme, des one-shots qui reviennent, des clients satisfaits qui font des recommandations aussi.
Alors, qu'est-ce qui me manquait finalement ? Croître. Avoir plus de projets à certaines périodes. Faire plus de chiffre d’affaires. S'il le faut, déléguer le surplus que je ne pourrais pas gérer.
Pendant des années en agence, entouré de tout ce qu’il faut en ressources humaines et compétences pour acquérir, transcrire les besoins et gérer un projet ou client, je n’avais qu’à exceller dans ma zone de confort et mon domaine de prédilection : le développement. C’est sûr que je n’allais pas développer des aptitudes commerciales suffisantes pour accrocher des prospects facilement en ne me concentrant que sur mes missions principales de développeur.
Évoluant seul, on est libre. Cependant, cette liberté va de pair avec des responsabilités : on est responsable de ses choix, de ses réussites et de ses échecs. On gère tout soi-même : obligé d'être autonome. On apprend beaucoup. Directement ou indirectement (en faisant). On en est tenu. En freelance on est son propre manager (c’est très cool), son propre commercial (une galère pour quelqu'un que je connais : moi-même), son propre graphiste (c’est un défi que j'aime bien et j’ai du goût), son propre chef de projet (intéressant, à un certain niveau), entre autres, sans parler de la comptabilité parfois. Tout cela ?! Oui ! Alors autant dire que c'est une entreprise en intégralité. Je suis d'accord avec cette idée. Donc, à ceux-là : de grâce, arrêtez de vouloir des prix bas.
Il m'arrivait quand même de déléguer certaines tâches (moyennant un certain coût), telles que le UI design. Quelque chose que je n'ai malheureusement pas pu réussir avec mon casse-tête (la prospection). J'ai cherché par la suite à faire des partenariats, qui n'ont pas été concluants au final.
C'est sans doute un signe que je dois le démystifier une bonne fois ! Devenir ce marketer efficient et efficace. On a tous besoin de cette compétence à mon avis. Savoir vendre.
Devenir freelance nécessite une préparation méticuleuse avant de se lancer. Si j'avais anticipé, j'aurais mis en place un ensemble d'outils plus adapté non seulement pour optimiser les performances, mais aussi pour faciliter le travail à distance, tout en évitant les excès.
Il est également judicieux d'avoir une épargne d'urgence à portée de main afin d'éviter les situations difficiles, car les paiements peuvent souvent être en retard. Sans cette prévoyance, les doutes s'installent rapidement, et l'on peut se retrouver absorbé par des problèmes périphériques au travail en tant que tel.
Il est essentiel de prendre régulièrement du recul par rapport aux projets, à l'ordinateur, et à l'environnement de travail. Cela a des avantages physiques et mentaux, ainsi que des retombées positives sur le plan professionnel.
On gagne de même avec une bonne gestion de son temps. C'est une ressource bien précieuse.
Il ne faut pas sous-estimer l'importance de se fixer des objectifs à court et à long terme. Cela guide les choix en matière de missions, de technologies, et de carrière, prévenant ainsi tout regret futur.
J'insiste particulièrement sur la nécessité de développer la compétence de vente, tout en plaçant la satisfaction du client au premier plan.
Je ne m'érige pas en sage ou supra senior dans ce domaine pour prodiguer des conseils. Je n'en suis point dispensé : ils, ces conseils, s'adressent à Abdoulaye également.